"Equacao" | |
MON VOLONTARIAT-Epilogue Sans surprise, j'ai rapidement renoncé à faire une synthèse de mon volontariat, mais je finirai simplement avec mon témoignage du 5 décembre, à l'occasion de la Journée Internationale du Bénévole:
Version française
Je suis une bénévole française de “Alternativa - association pour la promotion du Commerce Equitable”. Je suis ici au Portugal depuis juillet 2009 dans le cadre d’un Service Volontaire Européen (SVE).
Le SVE est un programme européen destinées aux jeunes de 18 à 31 ans. Il offre la possibilité de vivre une expérience de volontariat dans une association de son choix, dans un pays européen ou partenaire. Dans mon cas, la durée du projet est de six mois.
Publié à 22:11, le 17/01/2010, Braga Mots clefs : MON VOLONTARIAT- Chapitre 3
Mi-Décembre.
Publié à 19:10, le 17/01/2010, Braga Mots clefs : MON VOLONTARIAT-Chapitre 2
Nous sommes déjà mi-septembre. La boutique est calme. Les touristes ont déserté la ville et les étudiants se font attendre. Il est donc temps de passer aux choses sérieuses ! Je ne vois pas beaucoup Milucha qui cette année est très prise par son travail, et de plus débute une formation. Certes je me suis bien occupée jusque là, et je peux encore m’occuper… mais j’aspirais à autre chose en venant ici. J’ai bien trop d’attentes pour rester confinée à la boutique… ce n’est pas en restant dans ce capharnaum que je vais aider réellement l’asso !
Dis-moi Milucha, quand est-ce qu’on attaque la partie promotion du Commerce Equitable ? Et les interventions scolaires?
Première claque dans la figure. Visiblement ce n’est pas réellement au programme du moment. Tout ce que je peux faire, selon elle, c’est me concentrer encore et encore sur la boutique… mais guère plus !
C'est-à-dire que ce n’était pas réellement présenté comme cela dans le projet initial que Miguel nous a vendu. Je n’ai pas l’intention de faire carrière dans la vente, ni de monter une société de décrassage !
Déjà Miguel nous avait promis une formation sur le Commerce Equitable, comme je l’ai déjà expliqué, nous devrons nous contenter de son intervention de 2 heures. Soit dit en passant, Artisans du monde m’avait offert mieux en tant que simple bénévole. Quant à la soit disant formation « gestion de website », évidemment on s’assoit dessus… ça faisait juste beau sur le papier !
Milucha m’assure depuis le début que nous n’avons ni moyens financiers, ni humain ! Mais je ne comprends pas, je n’entends pas ou je ne veux pas entendre, et j’espère néanmoins avoir l’occasion de m’investir dans le travail de divulgation de l’asso, aller dans les écoles, acquérir des connaissances et compétences !
Concernant le manque de moyens humains, il est vrai que depuis mon arrivée je n’ai rencontré que 4 bénévoles : Ana qui nous quitte pour l’Espagne, Francisca et Filipa que j’ai aperçues lors d’une vente (peu disponibles du fait des études) et la sœur de Milucha. Quant à Fernanda, elle, décrit une relation passionnelle avec le Commerce Equitable, mais elle n’est pas si présente que ça dans les faits, d’autant plus que son futur proche professionnel (et géographique) est incertain… nous ne devons donc pas compter sur elle !
Mais je refuse de m’avouer vaincue, pas déjà. Je glane des infos un peu partout afin de me faire une meilleure idée des structures dans lesquelles il peut être intéressant d’intervenir. Je fais des listes, je rédige et j’envois mon « plan d’attaque » à Milucha. Je suis dans les starting-block ,je n’attends que son feu vert !
Nous manquons de bénévoles ? Très bien ! Je mets un avis dans la boutique. Je fais une affiche et des tracts pour recruter de nouveaux volontaires. Ciblons les lieux stratégiques: asso étudiante, bars associatifs, librairies, bibliothèque, magasins macrobiotiques etc…!
Nous avons besoin de personnes pour tenir les permanences en journée, pour assurer l’ouverture de la boutique en 2010 ? Je suis sûre qu’il y a plein de mamies dynamiques qui seraient prêtes à nous rejoindre ! C’est bien le cas à Artisans du Monde ! Allons investiguer du côté des l’universités et cours pour séniors, et des fondations religieuses !
Nous n’avons pas de moyens financiers ? Pas besoin d’argent pour parler et intervenir auprès du publique ! On peut envisager intervenir dans différentes structures!
« Claire, j’adorerai faire tout ça avec toi, mais réellement en cette période de l’année je ne peux pas me libérer pour l’asso, et personne d’autre ne peut t’aider ! ». Milucha a raison,, je suis horriblement dépendante. Comment intervenir dans les écoles, ou aller recruter de nouveaux bénévoles ou convertir au CE les consommateurs sans de solides connaissances, et avec un portugais balbutiant ?!
Je ne peux pas croire qu’il n’y ait pas plus de bonnes volontés que ça ! La boutique est menacée par une femeture en janvier. Celles de Barcelos, Porto et Lisbonne ont déjà mis la clef sous la porte. Mais il n’est pas possible que les gens ne se redynamisent pas autour d’un projet d’équipe pour sauver Alternativa ! C’est quand bien de leur asso qu’il s’agit… moi certes je me battrai pour que l’asso survive, mais avec eux… parce que seule et avec mes petits moyens, que puis je faire ?
Je ne les ai jamais vu tous ces gens, mais ils savent que j’existe et que je suis là pour les aider. Ils n’ont donc pas l’intention d’en profiter ? Pourquoi est-ce que je ne connais pas les membres de la direction d'Alternativa?
Milucha est probablement découragée, démotivée et d’une nature pessimiste… mais moi je suis sûre qu’on peut y arriver, je veux au moins y croire ! Organisons une réunion avec tous les bénévoles, afin de voir ce que l’on peut faire, quand et avec qui ! Milucha tombe d’accord avec moi, et d’une voix résignée conclu : « oui bien sûr, on va tenter! ».
Déprimée, j’ai le moral dans les chaussettes ! Chaque discussion avec Milucha me déglingue un peu plus car, à chaque fois, mes espoirs fondent comme neige au soleil ! Qu’est ce que je fais là ? Je suis donc ici pour ouvrir et fermer la boutique ? Miguel le savait sans aucun doute… Il n’attendait donc pas plus que ça de nous? Pourquoi nous a-t-il fait miroiter monts et merveilles ?
Je me suis emballée pour un projet prometteur de rencontres, d’apprentissages, de développement de compétences, J’ai tout lâché : mes repères, les amis, la famille… tout ça pour ça ? Et Anouck qui pendant ce temps continue à grandir loin d'ici…
Les autres EVS eux s'étaient résignés très vite. Au bout de deux semaines, ils avaient compris qu’on s’était fait avoir. Mais j’avais mis ça sur le compte de leur manque de motivation. Nous étions encore à Amarante que tous disaient déjà que le Commerce Equitable, ils n’y adhéraient pas plus que ça.
Je comprends qu’ils ont raison sur un point : Miguel est un gestionnaire, ce qui lui importe c’est de bénéficier des subventions de l’Europe pour aider l’asso à se redresser, et se servir de nous pour assurer l’ouverture des boutiques, faute de mobiliser les portugais autour de sa cause.
Miguel est la tête pensante. Le commerce Equitable au Portugal c’est son bébé, il y consacre sa vie depuis son expérience d’EVS en Italie qui a changé le cours de son existence ! Mais il est incapable de déléguer, a des difficultés à communiquer réellement avec l’ensemble des personnes impliquées, se cache derrière la complexité des chiffres pour ne pas dire combien tout va mal, n’est pas réceptif , encore moins disponible. Il n’a pas le soucis de nous, il restera le grand absent de notre projet.
Et pourtant, je suis convaincue que c’est quelqu’un de généreux, gentil, humain, et de plus doté d'une grande capacité de travail et d’idées débordantes. Ses yeux verts et son air d’enfant me donneraient presque envie de tout lui excuser et de revoir mon jugement. Mais la façon dont il fait les choses afin de parvenir à ses fins me déplaît, et ça je ne lui pardonne pas.
Nous voici donc mi-octobre ! Enfin la réunion dont j’attends tant! J’amène mes notes et toutes mes idées, enfin tout va se décanter !
Trois personnes. Nous étions trois à la réunion. Milucha, Sandra et moi. Non Milucha n’est pas découragée, démotivée et encore moins pessimiste... elle est simplement réaliste. Enfin je l’accepte : l’asso est réellement à l’agonie.
Bizarrement, je sors reboostée de la réunion. Ce soir là, je vois enfin Milucha et Sandra se mobiliser autour de l’asso, élaborant des projets pour les semaines à venir.
Il nous faut penser déjà à Noel, nous organiser pour répondre aux attentes du client, et ce malgré la boutique mal achalandée du fait de nos soucis avec l’importateur ! Nous participerons à la journée internationale du volontariat, le 5 décembre. Et oui, j’ai l’autorisation de placarder mon poster et distribuer mes prospectus, on établit une liste des lieux d’affichage. Sandra mettra l’affiche sur le website également !
Enfin, j’ai l’impression de faire partie de l’équipe, je suis associée, on me demande mon avis, on parle plus lentement afin que je comprenne bien tout.
Sandra depuis quelques temps ne se contente plus de corriger les « notes » (ou lettres… même en portugais je suis bavarde) que je lui laisse sur le bureau, elle a pris le pli elle aussi de me faire des « transmissions ». Elle passe à la boutique lorsqu’elle n’est pas loin, pour voir comment ça va… pour papoter un peu aussi.
J’apprends à la connaître et à l’apprécier. Je ne suis jamais bien loin, le centre-ville est petit… je passe plus régulièrement pour voir comment vont les affaires, pour lui faire part de l’avancement de « ma » campagne de recrutement, lui poser ma série habituelle de question etc…
Bref, malgré des hauts et des bas, ça va mieux ! Je peux dire que j’ai trouvé enfin ma place dans l’asso.
Assez rapidement, de nouveaux volontaires apparaissent. Au total une petite quinzaine de personnes s’inscrivent !
Mais si les gens semblent se passionner pour l’asso à l’heure de l’inscription, il s’avèrera que certains ne prendront pas même la peine de répondre à nos sollicitations. D’autres ont des disponibilités très limitées. Sandra organise une formation pour les nouveaux, seuls deux d'entre eux ont l'intention d'y participer. Elle l'annule! On verra en janvier.
Mais ce n’est pas grave. Milucha est ravie. La « campagne » a porté ses fruits. Même si parfois ça coince encore, nous savons déjà sur qui on pourra compter à l'avenir.
La CAB, une asso bien active, m’invite à venir parler lors d’une de leur soirée. J’ai mes limites et je demande de l’aide. C’est donc Fernanda qui m’accompagnera.
Elle m’aide à élaborer le plan de mon « intervention ». Je n’écris pas mon texte. Au CAB l’ambiance est décontractée, et je vais bien arriver à me débrouiller avec mes mots à moi. Fernanda parlera de notre fonctionnement et nos objectifs, alors que j’aborderai la partie bénévolat.
Visiblement on me comprend, on sourit et on applaudit. Pour autant nous n’avons pas séduit les membres du CAB, ils ne nous rejoindront pas… mais on aura au moins eu le mérite de parler d’un sujet que tout le monde ne connaissait pas forcément, et c’était ça aussi l’objectif.
Concernant la journée du 5 décembre, ça se précise. Un membre de la direction d’Alternativa présentera l’asso, et je témoignerai de mon expérience de volontaire européenne. J'ai accepté car j’ai besoin d’objectifs.
Je me fais violence parce que vraiment je ne sais pas comment je vais arriver à être positive tant je suis déçue. Et le lieu ne se prête pas au déballage des problèmes internes à l'asso. Du coup, hors de question cette fois ci d’improviser !
Alors je planche, je fais le point, tente d'extirper le positif au milieu du négatif… et le positif je finis par le trouver.
Márcio m’aidera à transcrire en portugais ce que je veux dire. Ça prend du temps, les corrections et révisions sont multiples. Il est d’une patience et disponibilité incroyables. Son soutien m’est d’une grande aide, l’asso indirectement en bénéficie aussi !
Les autres témoignages seront chargés d’émotions. Je les envie tous ces bénévoles épanouis qui affirment donner mais surtout recevoir.
Publié à 18:09, le 15/01/2010, Braga Mots clefs : MON VOLONTARIAT-Préface Mercredi 13 janvier… tout derniers jours à la boutique !
Il pleut des cordes, comme d’habitude en cet hiver qui manque de bol pour moi est exceptionnel d’un point de vue pluviométrique. Les agriculteurs qui ont été épargnés par les dégâts liés aux mini tornades, à la grêle et aux inondations se frottent les mains. Enfin la récolte ne souffrira pas de la sécheresse !
A la télé ils parlent, je cite, du « mois de décembre le plus pluvieux du siècle au Portugal ». Un rapide calcul… oui, nous ne sommes encore qu’à l’aube du 21 siècle et tout est donc relatif ! N’empêche que ce début d’hiver restera au moins dans mes anal personnelles, classé dans la catégorie « j’en peux plus de cette flotte ! ». Fermez la parenthèse… c’était juste pour situer le cadre !
![]() Toujours est-il que depuis 2 heures que je suis à la boutique, je n’ai toujours pas vu un client (le temps ne les encourage pas à traîner dans le centre ville et de toutes façons c’est toujours calme en janvier). C’est pas grave, ça me laisse du temps pour écrire mon blog sur la vieille bécane de la boutique qui par bonheur semble décidée à fonctionner à peu près normalement aujourd’hui ! Une barre de chocolat au quinoa à portée de main, me voici parée… au moins pour les premières lignes !
![]() ![]() Le temps presse à présent si je veux boucler mon blog avant mon départ la semaine prochaine! J’hésite un instant entre l’article « je raconte mon Noel portugais » et l’article « et si enfin je racontais un peu la réalité du projet associatif » . Bon OK… dans tous les cas ce sera encore « je raconte ma vie ! ».
Et comme j’ai toujours ce besoin impératif de presque tout partager, à grand renfort de détails de détails (Manou avait cru que j’apprendrais à synthétiser durant ces 6 mois… c’est beau d’y croire !), le blog n’y coupe pas non plus comme chacun aura pu le constater.
Je ne peux pas éviter de partager mon Noel ! J’étais loin de tout le monde cette année, alors il faut au moins qu’il en reste quelque chose. Mais ce sera pour plus tard!
![]() J’ai déjà partagé les détails du menu de réveillon avec pas mal de monde… les veinards, lol ! Alors ça pourra attendre encore un peu, surtout je suis enfin d’humeur à parler de mon volontariat qui, ne l’oublions pas, était le motif de mon séjour ici.
Je boucle donc ici la préface pour attaquer la partie cruciale que j'ai nommé:" Mon Volontariat"! C'est parti!
Publié à 20:42, le 14/01/2010, Braga Mots clefs : MON VOLONTARIAT-Chapitre1
Chapitre1 - Oui parce que au début de mon séjour, j’avais envisagé un article à chaque nouvelle étape du projet associatif, avec des chapitres et tout et tout ! Mais bon, heureusement le temps m’a manqué… alors je me tente un résumé !-
Tout commence donc le cinq août de l’an 2009. Milucha va partir quelques jours en vacances, me laissant ainsi un peu livrée à moi-même pour mes débuts à la boutique, dans ma nouvelle ville… et vie ! Elle me rassure, j’ai le temps de prendre mes repères, pas la peine de déjà me « prendre la tête » avec le Commerce Equitable, on verra ça en septembre, quand tout sera censé démarrer !
![]() Sandra, la salariée de l’asso que je ne connais toujours pas est en vacances elle aussi ! Bizarrement, ça ne m’affole pas plus que ça et je débute mes « permanences » seule à la boutique. Ana, jeune bénévole (bien active) de l’asso avec qui j’ai de suite accrochée, se rend disponible en ce qui concerne mes interrogations et déjà corrige les petites notes que je lui laisse en portugais. Ma mission à l’asso : accueillir les clients comme je le peux, car rappelons le, je ne comprends encore rien à ce qu’ils me racontent!
Heureusement, c’est la période estivale et le français envahit les rues et du même coup la boutique. Je ne suis donc pas totalement dépaysée. Je ne le mesure pas encore, mais les ventes sont plutôt bonnes… en comparaison aux mois qui vont suivre, et ce malgré les prévisions de Milucha qui annonce un assaut de la boutique par les étudiants passé octobre !
Phase un : OBSERVATION
![]() Au tout début (peut-être durant un jour ou deux), je reste super sage, je ne touche presque à rien dans la boutique. On va dire que c’est la période de repérage de tout ce qui me choque dans cet endroit!
De temps à autre, les bruits de la rue semblent se rapprocher de l’entrée… des bruits de voix ! Ouille, ouille, ouille… ils sont quoi eux ? Portugais ? Français ? Anglais ? Hollandais ? Espagnols ? Je me fais toute petite et croise les doigts pour que la communication ne soit pas trop compliquée. J’affiche un grand sourire (avec les portugais le coup du sourire ça marche assez bien). Hop ! Déjà la moitié du boulot de fait ! Pour la suite, j’arrive à me dépatouiller avec mes notions théoriques de portugais.
J’arrive à me faire comprendre. La réciproque n’est pas vrai, mais c’est déjà un grand pas. Et puis j’ai affaire ici à un publique de milieu favorisé, beaucoup parlent ou comprennent le français… c’est ma chance ! Et surtout, les gens sont d’une patience et d’une gentillesse incroyable !
Malgré tout, malgré la barrière de la langue, dès la début je m’applique à m’assurer que le client connaît déjà le concept de Commerce Equitable. Si ce n’est pas le cas, je donne un papier explicatif. Je prends sur moi et je me fais un devoir de participer comme je le peux à la divulgation du travail de l’asso. Le client passe la pas de la porte, je réalise que je suis en nage… ce sera à chaque fois une poussée d’adrénaline qui me fera battre le cœur à toute vitesse!
Phase deux : ACTION :
Ça me démange de retourner la boutique pour lui redonner une logique d’organisation. Ça craint, Milucha et Sandra ne sont pas là… c’est délicat d’amorcer des modifications mais en même temps le touriste et son argent sont encore là pour quelques semaines, il y a urgence… et il y a du boulot !
![]() La boutique est minuscule, et surtout planquée derrière une fenêtre « protégée » (ou plutôt cachée) de barreaux ! La fenêtre exhibe un tee-Shirt aux couleurs tristounettes, deux trois objets aux couleurs fades. Le client doit entrer sous un porche pour accéder à l’entrée, signalée d’un écriteau qui a été bien malmené par la passé. Autant dire que nous n’avons presque aucune visibilité, les gens passent devant le local sans même avoir idée de l’existence de la boutique.
Les portes de l’entrée affichent un ramassis de prospectus en tout genre et d’affiches vieillotes… Genre « amis des animaux à votre bon cœur » , ou encore « Braga, ville du Commerce », la dernière me choquant encore d’avantage par les valeurs spéculatives qu’elle véhicule… à mille lieues bien sûr de celles que nous portons. Parmi nos prospectus à disposition du client, se trouvent aussi pêle-mêle publicités en tout genre, noyant de ce fait nos informations.
Concernant l’organisation de la boutique, des chocolats cotoient la papeterie, les lampes sont cachées sous de gigantesques paniers. Je ne comprend rien à la logique de rangement et enfin tout est recouvert de poussière ! Quand au rangement (quel rangement ?) derrière le bureau et sur le côté, il s’agit d’un amoncellement d’objets en tout genre qui monte, qui monte, qui monte… et déborde largement sur la fenêtre qui fait pourtant office de vitrine !
En septembre l’activité sera plus intense, je n’ai donc qu’un petit mois devant mois pour rendre les lieux plus attractifs. Malgré l’absence d’autorisation de Milucha, j’amorce donc une réorganisation que je pense « progressive », du moins je me limite. Et surtout je m’empresse d’afficher sur la vitrine et l’entrée la promotion de 30% qui est vigueur sur tout l’artisanat depuis des mois… Nous avons besoin de vendre notre stock pour acheter à l’importateur Altromercato. La vie est chère ici, nos produits hors de prix pour la population portugaise… les touristes eux ont des sous, alors il nous faut les attirer!
![]() Ma première semaine s’achève donc. Je suis relativement contente. J’envois un SMS à Milucha pour lui en faire part et lui remercier de son aide avant son départ ! Elle me répond: « Ainda bem que tudo está a correr bem. Na próxima segunda-feira falamos, OK?» . Un coup d’œil à mon dico, la traduction est la suivante : « Heureusement que tout va bien. Lundi prochain on parle, OK ? » ! Oups ! Je crois que j’ai fais une bourde. Milucha a dû être alertée des changements que j’ai apportés, peut-être que mes étiquettes « -30% » disséminées à tout vent sur les étagères vont à l’encontre du concept Commerce Equitable ! En tout cas, elle a l’air furieuse
!Au final et contre toute attente, le lundi suivant Milucha se montrera ravie des quelques changements et m’en félicite. Je comprendrai plus tard, en la connaissant mieux, que la signification de son SMS était: « Tant mieux, je suis soulagée parce que je veux que tu te sentes bien ici. Je serai disponible lundi pour toi. »
Je rencontre bientôt Sandra, qui se montre agréable et souriante… Elle m’avait fait flippé lors de notre première visite ici. Je lui expose quelques une de mes idées pour la suite. Visiblement j’ai carte blanche, cool ! Elle n’a visiblement pas mal pris mon petit travail, bien qu’elle aurait eu toutes les raisons de m’en vouloir!
![]() Il ne m’en faudra pas plus pour m’encourager dans mon élan ! Je passerai les semaines suivantes à dépoussiérer et réagencer.
Je dispose quelques instruments de musique dans une corbeille que je place au sol… avec un peu de chance, le client va se prendre les pieds dedans, fera tinter du même coup les grelots, tombera sous le charme et dans son élan de générosité les offrira au petit dernier de la famille!
Certaines étagères d’exposition ont été envahies par une réserve de sacs… je les dégage, on manque de place pour exposer les produits !
Je découvre des chaises hautes en bois que j’essais de mettre en évidence !J’habille les échelles de bois des petits vêtements pour enfants, je les surmonte de chapeaux aux couleurs vives… Je confectionne de nouvelles étiquettes pour remplacer les sales.
Petit à petit, je découvre de quoi est faite la montagne de vrac à proximité du bureau. Je mets à jour CD, boîtes en tout genre, cassettes, pansements, ficelle, vieux badges, rouleaux de papier à imprimante, poubelles oubliées, cerceau, notices, balles, alcool pharmaceutique, produits d’entretien, chiffons, pinces à linge, clef à molette, plat en terre, revues, prospectus, agendas et annuaires préhistoriques, une bouteille de jus de fruit avariée, sachets de sucre, archives etc…Ça fait déjà beaucoup hein?! Mais la liste pourrait être encore longue...
Je trie minutieusement, ça me prend un temps fou ! Peut-être que les choses ont une importance, mais visiblement, tout le monde s’est désintéressé de ces objets abandonnés à la poussière. Je mets de côté et balance après autorisation.
L’humidité des lieux a pourri pas mal de choses. Des bestioles crados pleines de pattes courent sous les sacs que je déplace ! Je retourne les boîtes pour éliminer minons et mouches crevées.
Un support de bougie en fer forgé, déjà utilisé, a été abandonné dans un sac visiblement destiné à la poubelle. A peine je l’ai eu touché, que mes mains ont été couvertes de suie. Information prise, Milucha a en tête de le nettoyer (en réalité je pense qu’elle l’avait oublié depuis longtemps), et de le mettre en vente. Incroyable ! Mais comme, à ce qu’il paraît, pour Noel les gens achètent tout et n’importe quoi, hors de question pour elle de se débarrasser d’un objet qui peut nous rapporter.
Je n’adhère pas à l’idée mais je frotte, frotte et frotte, à grand renfort de produit dégraissant. On décide ensuite du prix avec Sandra, et en effet, un client donnera raison à Milucha à quelques jours de Noel !
![]() Je nettoie les portes vitrées de l’entrée, me bat avec tous les résidus de scotch, et affiche des posters à visée informative sur la travail de l’asso. Il me faudra compter une matinée... entrecoupée par la visite d’une passante attirée par les géraniums de la voisine, et ravie de me faire un brin de causette dans un français que j’ai du mal à comprendre. Si ce n’est ses mains pleines de doigts sur mes portes toutes propres, bien gentille la petite dame !
Les murs sont couverts d’affiches explicatives que les clients ne regardent pas. Je les retire, entreprend un « lessivage » de la peinture, et récupère à Amarante des cadres aux couleurs d’Altromercato… visages d’Asie et d’Amérique Latine .
Des papiers disparates, à visée informative sur les produits alimentaires, sont collés sur les étagères… ça et là ! Les clients ne les lisent pas, mais cela contribue à l’impression de fouilli ici. Je regroupe les différents textes, les joints aux infos trouvées sur l’ordinateur, et je réalise un classeur destiné à éclairer les clients et les bénévoles. Enfin, je m’autorise à retirer les petits papiers !
Enfin, je recherche de belles photos sur internet, que je destine à la « vitrine », au fond d’écran de l’ordi et éventuellement aux murs… si Milucha m’autorise à imprimer tout ça. Etant donné la situation financière de l’asso, toutes les dépenses sont comptées… et je me limiterai donc à l’impression d’une photo grand format pour la vitrine.
La boutique est prête... "dis, quand c'est qu'on attaque?"
![]() Fin du chapitre 1 – ou plutôt Tome 1
-Publié à 18:42, le 14/01/2010, Braga Mots clefs : { Page précédente } { Page 1 sur 4 } { Page suivante } |
Qui suis-je ?Qui suis-je ? Mon itinéraire Livre d'or Archives Amis Album photos Mes albumsOù suis-je actuellement ?RubriquesDerniers articlesMON VOLONTARIAT-EpilogueMON VOLONTARIAT- Chapitre 3 MON VOLONTARIAT-Chapitre 2 MON VOLONTARIAT-Préface MON VOLONTARIAT-Chapitre1 Sites favorisAmis |